"La requine" Sigolène Vinson - Ed Le Tripode

Assise, seule sur un rocher de l'étang de Berre, là où elle s'est installée après avoir survécu à l'attentat contre Charlie Hebdo, Sigolène Vinson trouve des dents de requin fossilisées. D'où viennent-elles ? A qui appartenaient-elles ?
A travers cette recherche, Sigolène Vinson nous livre un récit pudique où se mêle sa jeunesse à Djibouti, sa vie actuelle sur les rives de l'étang de Berre appauvri par la pollution et le dérèglement climatique, et le moment de bascule de sa vie, cette minute 49 secondes  survenue le 7 janvier 2015.
Avec sincérité et sensibilité, elle nous livre son travail de reconstruction, ses recherches et ses rencontres. Rencontres avec des scientifiques mais aussi  et surtout ses rencontres avec les animaux et sa passion pour les requins. Elle nous démontre d'une manière imparable à quel point tout est relié et tout est vivant : faune, flore, insectes et humains...
Elle met en mots, très poétiquement, son appel à la vie :  l'héritage le plus beau que ses amis perdus lui ont légué.
Un livre très dense et très émouvant.

"Dans la jungle" Adeline Dieudonné - éd L'iconoclaste Ic

Une jolie villa dans le Brabant wallon, l'été à la mer, l'hiver au ski, deux enfants : Aurélie et Arnaud se sont construit une vie qui leur ressemble. Pourtant, un soir d'été, Arnaud prend une arme et assassine les siens avant de se suicider.
Adeline Dieudonné rembobine le film de l'histoire de ce couple, du premier regard à la mise en place d'un quotidien bourgeois. À chaque étape, la mécanique prend forme sous nos yeux, insidieuse, inéluctable.
Chronique d'une mise à mort annoncée, ce roman haletant nous entraîne au cœur de la bourgeoisie belge, où il est courant de tutoyer son banquier et où la violence se dissimule derrière les façades de briques blanches.

 

"La bagarre" Loren Groff - éd l'Olivier

« En tout être humain il y a à la fois un animal et un dieu qui se livrent une lutte à mort. »

La vie est un combat souvent invisible. La famille, l’amour ou l’amitié sont des lieux de joie autant que d’adversité, où tout peut basculer dans un cercle infernal. Les neuf nouvelles de La Bagarre sont traversées de personnages tiraillés entre leurs bonnes intentions et ce qui vient les parasiter.

Comment conquérir une place à soi quand le monde entier vous enjoint d’attendre et de contenter les autres ? Des années 1950 à nos jours, de la Nouvelle-Angleterre à la Floride, Lauren Groff explore les chemins accidentés de l’existence, en particulier celle des femmes.

"Les amours en fuite" Kevin Barry - éd Métailié

Western d'amour désespéré, dans le Montana de la fin du 19ème siècle. On suit Tom Rourke écrivain publique, assistant photographe, alcoolique et opiomane qui tombe follement amoureux de Polly Gillespie  tout juste arrivée de Chicago et mariée à un homme qu'elle ne connaît pas. Entre Tom et Polly c'est le coup de foudre, elle va l'aimer follement en retour. Les amants s'enfuient, course poursuite, tueurs à gage à leur trousse, tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce roman un western sentimental et romantique. Mais ce roman c'est bien plus que cela. Ce qui fait le sel de ce récit n'est pas tant l'histoire que l'écriture, le style de Kevin Barry, auteur irlandais, qui transforme le récit romantique en grand roman d'aventures, d'amour et de nostalgie, en un western décalé et très cinématographique. Dès les premières pages nous sommes happés par son style très original. Une écriture qui nous transporte, nous tient en haleine et nous fait vibrer.

"L'ayatollah aimait sa femme plus que Dieu" Javad Djavahery - éd Gallimard

À quinze ans à peine, Maryam est la veuve la plus jeune, la plus intrépide et la plus irrésistible qu'il ait été donné d'héberger à Sayed Issah, mollah respecté de Nadjaf, haut lieu de l'islam chiite. Tant et si bien qu'il finit par l'épouser, sous l'oeil complice de Khanoum, sa première épouse et la mère de ses neuf enfants. Mais face à l'appétit insatiable de Maryam pour le savoir, les nuits qu'il espérait vouer à l'amour sont désormais consacrées à l'étude, amenant le saint homme à braver l'autorité de ses pairs... Faite de récits enchâssés, dans la tradition du conte oriental, l'histoire commence de nos jours quand Maryam, devenue Dâ, grand-mère centenaire, vénérée et fantasque, disparaît. Tous les enfants et petits-enfants se réunissent pour la retrouver. Les recherches sont l'occasion d'explorer les secrets anciens qui façonnent les mythes familiaux et le destin du pays. Javad Djavahery nous offre un livre puissant qui, paré des atours de la légende, déploie l'histoire de l'Iran et son entrée brutale dans la modernité.

"Habibi Beyrouth" Manal Salamé - éd La Tribu

« Un matin, je me suis réveillée en rêvant que je ne parlais plus l'arabe. J'ai compris qu'il fallait rentrer. »
Après dix-sept ans en France, loin de son pays natal, Amal revient à Beyrouth pour obtenir une carte d'identité. Mais ce qui ne devait être qu'une simple formalité se révèle beaucoup plus compliqué que prévu et Amal doit prolonger son séjour. Ses démarches administratives la conduisent des rues palpitantes de la capitale jusqu'au sud du pays, dans son village familial désormais tenu d'une main de fer par le Hezbollah. Elle devra affronter ce qu'elle avait fui : la tyrannie des apparences, les sales rumeurs réservées aux femmes non mariées et sans enfants. La traversée de ce pays aussi beau que tourmenté devient un voyage au cœur de la mémoire et des blessures de l'exil. Amal effectue un voyage dans le temps et dans l'espace, confrontant de longues années après, le choix de quitter très jeune sa famille et son pays. 

"La sainte patronne des menteuses" Ann Patchett - éd Actes sud

Dans ce premier roman d'Ann Patchett,  paru en 1992 mais traduit seulement aujourd'hui, l'autrice nous démontre déjà, comme elle le fera dans ses autres romans, qu'aucune vie n'est jamais ordinaire. Dans cette chronique familiale, on suit Rose, enceinte, qui quitte seule au volant de sa voiture, la Californie pour accoucher dans le Kentucky. Mais Rose quitte surtout, sans aucune explication, un mari aimant et une mère adorée pour se retrouver à Sainte Elisabeth, foyer pour jeunes filles afin d'accoucher et de laisser son enfant. Là, contre toute attente, de nouveaux liens vont se créer. Rose restera à St Elisabeth, épousera Son l'homme à tout faire, qui adoptera et sera le père de Cécilia , la fille que Rose décidera de finalement garder. A la fois "éloge de la fuite" et des mensonges par omission, ce roman poignant nous interroge sur le prix à payer pour être capable d'être soi-même, de se réinventer, de trouver et vivre sa liberté. A travers ce roman choral, où les personnages sont profondément sensibles et humains, Ann Patchett interroge aussi la question de qu'est-ce que "Faire famille". En nous suggérant que c'est le travail de toute une vie, un travail de chaque instant, toujours évolutif, que chacun construit à sa façon, comme il le veut, comme il le peut.

"Les grues volent vers le sud" Lisa Ridzen - éd La Peuplade

Nous suivons Bo Andersson, un vieux suédois, qui ne veut pas être séparé de son chien, simplement parce que son fils, Hans, a décidé qu'il n'était plus capable de s'en occuper, simplement parce que son fils pense que c'est meilleur pour lui. Comment ce fils peut-il savoir ce qui est bon pour lui ?  Après tout, que sait il de lui ce fils ?
Bo est en colère alors Bo tente de garder la maîtrise de sa vie pour prouver à son fils qu'il a tort. Mais Bo n'y arrive plus, n'y arrive pas. Alors, ce vieil homme de 89 ans, au crépuscule de son existence, nous livre ses pensées, ses regrets, ses souvenirs. Par le prisme d'un discussion intériorisée mais constante avec sa femme Fredrika (placée en Ephad car atteinte de démence) Bo va dérouler l'histoire de sa vie. Car ce vieil homme c'est aussi un fils, un enfant, un adolescent, un ami, un mari, un père et un grand-père. Et il a beaucoup de choses à nous dire sur l'amour et sur la dignit Rythmé autour du cahier de suivi des aides-soignantes, entrecoupé des pensées et émotions de Bo, le récit décrit le gouffre qu'il peut exister entre le monde intérieur d'une personne vieillissante et les personnes qui s'occupent de lui, la façon dont celles-ci perçoivent son état, malgré toute la plus grande bienveillance du monde. A travers ce livre émouvant, qui parle de l'incapacité de certaines personnes à parler, à montrer leurs sentiments et leur vulnérabilité, Lisa Ridzén nous suggère de ne pas oublier de dire aujourd'hui, quand il est encore temps, ce qui compte vraiment à ceux que l'on aime.

"Le pain des anges" Patti Smith - éd Gallimard

Dans Le pain des anges, Patti Smith poursuit son oeuvre autobiographique par une méditation intime sur la mémoire, l'absence et ce qui nourrit une vie.

 

Entre fragments de souvenirs et confessions, sa prose épurée et poétique se déploie sur huit décennies de vie en faisant dialoguer enfance et liberté, vivants et morts, art et sacré, dans un livre de fidélité et de gratitude qui célèbre,

 

  

"Ghost stories" Siri Hustvedt- éd Gallimard

Dans "Ghost Stories", d'une intimité rare, Siri Hustvedt se livre pour la première fois sur le grand amour de sa vie, Paul Auster.

Elle y célèbre leur longue et magnifique vie à deux, et nous plonge dans les recoins les plus secrets de leur mythique couple d'écrivains new-yorkais. Ghost Stories est aussi la chronique de la disparition de l'être aimé, convoquant souvenirs, lectures et traces écrites - autant de tentatives pour affronter l'absence, et accueillir les signes de l'au-delà.

Un époustouflant livre d'amour et de deuil qui nous offre une boussole pour que nous restions liés à tous ceux que nous avons perdus trop tôt.

"Septembre noir" Sandro Veronesi - éd Grasset

Luigi Bellandi, professeur et traducteur, se remémore l’été 1972. Il a encore « douze ans et quatre mois », et tout le monde le surnomme alors Gigio. Comme chaque année, sa famille loue une maison dans une station balnéaire huppée de la côte toscane où il navigue avec son père, charismatique avocat. Sa voisine de plage, Astel Raimondi, s’intéresse enfin au jeune homme qu’il est en train de devenir, s’amusant à lui faire traduire, lui dont la mère est irlandaise, les chansons de rock qu’ils écoutent inlassablement sur son tourne-disque. Pour Gigio, c’est l’été des découvertes – la musique, la lecture et le plaisir de la traduction –, mais aussi celui de la naissance du désir et des inquiétudes qui l’accompagnent.

La nostalgie des premières amours pourrait être joyeuse si l’on ne pressentait pas, dès les premières pages du roman, l’avènement d’un drame familial. Celui-ci va se superposer au massacre perpétré par l’organisation terroriste Septembre noir, interrompant brutalement les Jeux olympiques de Munich que Gigio suivait avec une obsession encore enfantine. La « férocité du monde » frappera immanquablement le jeune garçon et ses proches, marquant ainsi la fin de son innocence.

Avec Septembre noir, le grand écrivain Sandro Veronesi démontre à nouveau la puissance narrative de sa plume, cette fois au service d’une tragédie au dénouement saisissant. Il signe là un roman plein de tendresse sur le pouvoir du langage et la nostalgie de la fin de l’enfance.

Prochainement

Samedi 13 décembre, entre 15h et 18h :

Double séance de dédicaces avec Louison et Vincent Brunner.  

Porculus

54 ans après sa première parution, Louison adapte avec brio et fidélité les aventures du petit goret d'Arnold Lobel en bande dessinée. Absolument irrésistible et plus encore avec une dédicace dessinée de Louison.

chansonsrebelles

12 morceaux qui ont changé leur époque, issus de tous les genres musicaux et devenus des emblèmes contestataires. "Strange Fruit", "Bella Ciao", "Balance ton quoi", "Blowing in the wind,", "Le chant des partisans"... leur histoire en BD. Un chouette cadeau de Noël dédicacé.

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