Western d'amour désespéré, dans le Montana de la fin du 19ème siècle. On suit Tom Rourke écrivain publique, assistant photographe, alcoolique et opiomane qui tombe follement amoureux de Polly Gillespie tout juste arrivée de Chicago et mariée à un homme qu'elle ne connaît pas. Entre Tom et Polly c'est le coup de foudre, elle va l'aimer follement en retour. Les amants s'enfuient, course poursuite, tueurs à gage à leur trousse, tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce roman un western sentimental et romantique. Mais ce roman c'est bien plus que cela. Ce qui fait le sel de ce récit n'est pas tant l'histoire que l'écriture, le style de Kevin Barry, auteur irlandais, qui transforme le récit romantique en grand roman d'aventures, d'amour et de nostalgie, en un western décalé et très cinématographique. Dès les premières pages nous sommes happés par son style très original. Une écriture qui nous transporte, nous tient en haleine et nous fait vibrer.
À quinze ans à peine, Maryam est la veuve la plus jeune, la plus intrépide et la plus irrésistible qu'il ait été donné d'héberger à Sayed Issah, mollah respecté de Nadjaf, haut lieu de l'islam chiite. Tant et si bien qu'il finit par l'épouser, sous l'oeil complice de Khanoum, sa première épouse et la mère de ses neuf enfants. Mais face à l'appétit insatiable de Maryam pour le savoir, les nuits qu'il espérait vouer à l'amour sont désormais consacrées à l'étude, amenant le saint homme à braver l'autorité de ses pairs... Faite de récits enchâssés, dans la tradition du conte oriental, l'histoire commence de nos jours quand Maryam, devenue Dâ, grand-mère centenaire, vénérée et fantasque, disparaît. Tous les enfants et petits-enfants se réunissent pour la retrouver. Les recherches sont l'occasion d'explorer les secrets anciens qui façonnent les mythes familiaux et le destin du pays. Javad Djavahery nous offre un livre puissant qui, paré des atours de la légende, déploie l'histoire de l'Iran et son entrée brutale dans la modernité.
« Un matin, je me suis réveillée en rêvant que je ne parlais plus l'arabe. J'ai compris qu'il fallait rentrer. »
Après dix-sept ans en France, loin de son pays natal, Amal revient à Beyrouth pour obtenir une carte d'identité. Mais ce qui ne devait être qu'une simple formalité se révèle beaucoup plus compliqué que prévu et Amal doit prolonger son séjour. Ses démarches administratives la conduisent des rues palpitantes de la capitale jusqu'au sud du pays, dans son village familial désormais tenu d'une main de fer par le Hezbollah. Elle devra affronter ce qu'elle avait fui : la tyrannie des apparences, les sales rumeurs réservées aux femmes non mariées et sans enfants. La traversée de ce pays aussi beau que tourmenté devient un voyage au cœur de la mémoire et des blessures de l'exil. Amal effectue un voyage dans le temps et dans l'espace, confrontant de longues années après, le choix de quitter très jeune sa famille et son pays.
Dans Le pain des anges, Patti Smith poursuit son oeuvre autobiographique par une méditation intime sur la mémoire, l'absence et ce qui nourrit une vie.
Entre fragments de souvenirs et confessions, sa prose épurée et poétique se déploie sur huit décennies de vie en faisant dialoguer enfance et liberté, vivants et morts, art et sacré, dans un livre de fidélité et de gratitude qui célèbre,
Dans "Ghost Stories", d'une intimité rare, Siri Hustvedt se livre pour la première fois sur le grand amour de sa vie, Paul Auster.
Elle y célèbre leur longue et magnifique vie à deux, et nous plonge dans les recoins les plus secrets de leur mythique couple d'écrivains new-yorkais. Ghost Stories est aussi la chronique de la disparition de l'être aimé, convoquant souvenirs, lectures et traces écrites - autant de tentatives pour affronter l'absence, et accueillir les signes de l'au-delà.
Un époustouflant livre d'amour et de deuil qui nous offre une boussole pour que nous restions liés à tous ceux que nous avons perdus trop tôt.
Luigi Bellandi, professeur et traducteur, se remémore l’été 1972. Il a encore « douze ans et quatre mois », et tout le monde le surnomme alors Gigio. Comme chaque année, sa famille loue une maison dans une station balnéaire huppée de la côte toscane où il navigue avec son père, charismatique avocat. Sa voisine de plage, Astel Raimondi, s’intéresse enfin au jeune homme qu’il est en train de devenir, s’amusant à lui faire traduire, lui dont la mère est irlandaise, les chansons de rock qu’ils écoutent inlassablement sur son tourne-disque. Pour Gigio, c’est l’été des découvertes – la musique, la lecture et le plaisir de la traduction –, mais aussi celui de la naissance du désir et des inquiétudes qui l’accompagnent.
La nostalgie des premières amours pourrait être joyeuse si l’on ne pressentait pas, dès les premières pages du roman, l’avènement d’un drame familial. Celui-ci va se superposer au massacre perpétré par l’organisation terroriste Septembre noir, interrompant brutalement les Jeux olympiques de Munich que Gigio suivait avec une obsession encore enfantine. La « férocité du monde » frappera immanquablement le jeune garçon et ses proches, marquant ainsi la fin de son innocence.
Avec Septembre noir, le grand écrivain Sandro Veronesi démontre à nouveau la puissance narrative de sa plume, cette fois au service d’une tragédie au dénouement saisissant. Il signe là un roman plein de tendresse sur le pouvoir du langage et la nostalgie de la fin de l’enfance.
"Combien sommes-nous ? Combien d'enfances bousillées ? De corps meurtris ? De coeurs en loques ? Et combien serons-nous - combien de millions, de milliards - à défiler lors de la procession des abusés que j'organiserai ce soir encore dans mes cauchemars ?" Petit, il n'a pas raconté ce qui lui était arrivé. Petit, on n'a pas les mots, et on lui avait imposé de se taire. Alors il s'est tu. Et il a enfoui ses souvenirs, sans savoir que, même profondément ensevelis, ils continueraient à le hanter de mille façons. Si bien que c'est toute son enfance, son adolescence, sa jeunesse et sa vie d'adulte qui se sont écrites à l'ombre de ce qu'il avait subi. Construit comme une tragédie en cinq actes, Derrière les arbres est l'histoire d'un long retentissement, celui que les viols ont eu sur la vie d'un homme. Jusqu'à ce que, peu à peu, la mémoire lui revienne et avec elle la possibilité de comprendre puis, enfin, de raconter. Dans une langue d'une justesse et d'une puissance remarquables, Frédéric Pommier retrace la quarantaine d'années qu'il lui a fallu pour sortir de la nuit. Avec la minutie que la recherche de la vérité impose, il éclaire en chemin le destin de toutes les enfances "bousillées".
Quelle folie habite Ayann, écrivain français partageant sa vie entre l'Égypte et Paris, pour qu'il décide d'assassiner l'homme le plus riche du monde ? Elon Musk.
Tout commence une nuit de mai 2026, aux portes du désert, lorsque, observant le ciel, le vieil homme découvre à quel point celui-ci est défiguré par les satellites Starlink : ils effacent et remplacent les étoiles, sans lesquelles nous ne mesurons pas qui nous sommes. Et bientôt, Musk rendra la terre invivable à force de pollutions.
Dans un récit écrit à la veille de l'attentat, Ayann explique les raisons de son acte, et comment il l'a préparé. Vingt-quatre ans plus tard, alors que le monde a basculé, son petit-fils retrouve ce témoignage...
Hanté par l'idée de la fin de l'humanité, "Le ciel a disparu", roman au souffle poétique et politique puissant, est aussi un hymne à l'empathie, à l'amour et à la beauté du monde, tout ce que Musk, dans son entreprise démente, menace de balayer.
Contes de l'indigène et du voyageur, volet 2. Entre exil choisi et exil forcé, l'enfer n'est pas dans l'au-delà, l'enfer ce n'est pas les autres. L'enfer c'est notre propre réalité, c'est surtout nous-même. La douleur extrême de vivre vient qu'on ne peut y échapper et qu'en acceptant de vivre dans le monde tel qu'il est "nous lui donnons, à chaque battement de notre cœur las, notre assentiment". Notre bonne ou mauvaise conscience n'empêche pas une descente progressive dans un monde corrompu où la domination économique nous fait participer à un système d'exploitation pour lequel "nous devons répondre de l'état de ce monde, même si nous ne l'avons pas choisi". Dans une langue magnifiquement dense, précise, lyrique mais non dépourvue d'humour, l'auteur fait le constat que le véritable enfer réside dans l'impossibilité d'une véritable rencontre humaine à travers un mur invisible, construit sur la domination économique et sociale, impossible à franchir, chacun restant prisonnier de sa propre condition.
Par la mise en parallèle de deux histoires, celle du narrateur, professeur de philosophie expatrié, qui vit avec sa famille sa vie d'expat dans un confort luxueux, et l'autre celle d'une femme immigrée, Kasheeva, Sri Lankaise, poussée par la misère à s'enfuir et à vivre exploitée que ça soit par sa famille ou ses patrons successifs, Jérôme Ferrari nous livre une réflexion philosophique, sociologique voir anthropologique, sur la condition humaine et notre sentiment de culpabilité.