"Le pain des anges" Patti Smith - éd Gallimard

Dans Le pain des anges, Patti Smith poursuit son oeuvre autobiographique par une méditation intime sur la mémoire, l'absence et ce qui nourrit une vie.

 

Entre fragments de souvenirs et confessions, sa prose épurée et poétique se déploie sur huit décennies de vie en faisant dialoguer enfance et liberté, vivants et morts, art et sacré, dans un livre de fidélité et de gratitude qui célèbre,

 

  

"Ghost stories" Siri Hustvedt- éd Gallimard

Dans "Ghost Stories", d'une intimité rare, Siri Hustvedt se livre pour la première fois sur le grand amour de sa vie, Paul Auster.

Elle y célèbre leur longue et magnifique vie à deux, et nous plonge dans les recoins les plus secrets de leur mythique couple d'écrivains new-yorkais. Ghost Stories est aussi la chronique de la disparition de l'être aimé, convoquant souvenirs, lectures et traces écrites - autant de tentatives pour affronter l'absence, et accueillir les signes de l'au-delà.

Un époustouflant livre d'amour et de deuil qui nous offre une boussole pour que nous restions liés à tous ceux que nous avons perdus trop tôt.

"Septembre noir" Sandro Veronesi - éd Grasset

Luigi Bellandi, professeur et traducteur, se remémore l’été 1972. Il a encore « douze ans et quatre mois », et tout le monde le surnomme alors Gigio. Comme chaque année, sa famille loue une maison dans une station balnéaire huppée de la côte toscane où il navigue avec son père, charismatique avocat. Sa voisine de plage, Astel Raimondi, s’intéresse enfin au jeune homme qu’il est en train de devenir, s’amusant à lui faire traduire, lui dont la mère est irlandaise, les chansons de rock qu’ils écoutent inlassablement sur son tourne-disque. Pour Gigio, c’est l’été des découvertes – la musique, la lecture et le plaisir de la traduction –, mais aussi celui de la naissance du désir et des inquiétudes qui l’accompagnent.

La nostalgie des premières amours pourrait être joyeuse si l’on ne pressentait pas, dès les premières pages du roman, l’avènement d’un drame familial. Celui-ci va se superposer au massacre perpétré par l’organisation terroriste Septembre noir, interrompant brutalement les Jeux olympiques de Munich que Gigio suivait avec une obsession encore enfantine. La « férocité du monde » frappera immanquablement le jeune garçon et ses proches, marquant ainsi la fin de son innocence.

Avec Septembre noir, le grand écrivain Sandro Veronesi démontre à nouveau la puissance narrative de sa plume, cette fois au service d’une tragédie au dénouement saisissant. Il signe là un roman plein de tendresse sur le pouvoir du langage et la nostalgie de la fin de l’enfance.

"Derrière les arbres" Frédéric Pommier - éd Flammarion

"Combien sommes-nous ? Combien d'enfances bousillées ? De corps meurtris ? De coeurs en loques ? Et combien serons-nous - combien de millions, de milliards - à défiler lors de la procession des abusés que j'organiserai ce soir encore dans mes cauchemars ?" Petit, il n'a pas raconté ce qui lui était arrivé. Petit, on n'a pas les mots, et on lui avait imposé de se taire. Alors il s'est tu. Et il a enfoui ses souvenirs, sans savoir que, même profondément ensevelis, ils continueraient à le hanter de mille façons. Si bien que c'est toute son enfance, son adolescence, sa jeunesse et sa vie d'adulte qui se sont écrites à l'ombre de ce qu'il avait subi. Construit comme une tragédie en cinq actes, Derrière les arbres est l'histoire d'un long retentissement, celui que les viols ont eu sur la vie d'un homme. Jusqu'à ce que, peu à peu, la mémoire lui revienne et avec elle la possibilité de comprendre puis, enfin, de raconter. Dans une langue d'une justesse et d'une puissance remarquables, Frédéric Pommier retrace la quarantaine d'années qu'il lui a fallu pour sortir de la nuit. Avec la minutie que la recherche de la vérité impose, il éclaire en chemin le destin de toutes les enfances "bousillées".

"Le ciel a disparu" Alain Blottière - éd Gallimard

Quelle folie habite Ayann, écrivain français partageant sa vie entre l'Égypte et Paris, pour qu'il décide d'assassiner l'homme le plus riche du monde ? Elon Musk.

Tout commence une nuit de mai 2026, aux portes du désert, lorsque, observant le ciel, le vieil homme découvre à quel point celui-ci est défiguré par les satellites Starlink : ils effacent et remplacent les étoiles, sans lesquelles nous ne mesurons pas qui nous sommes. Et bientôt, Musk rendra la terre invivable à force de pollutions.

Dans un récit écrit à la veille de l'attentat, Ayann explique les raisons de son acte, et comment il l'a préparé. Vingt-quatre ans plus tard, alors que le monde a basculé, son petit-fils retrouve ce témoignage...

Hanté par l'idée de la fin de l'humanité, "Le ciel a disparu", roman au souffle poétique et politique puissant, est aussi un hymne à l'empathie, à l'amour et à la beauté du monde, tout ce que Musk, dans son entreprise démente, menace de balayer.

"Très brève théorie de l'enfer" Jérôme Ferrar - éd Actes sud

Contes de l'indigène et du voyageur, volet 2. Entre exil choisi et exil forcé, l'enfer n'est pas dans l'au-delà, l'enfer ce n'est pas les autres. L'enfer c'est notre propre réalité, c'est surtout nous-même. La douleur extrême de vivre vient qu'on ne peut y échapper et qu'en acceptant de vivre dans le monde tel qu'il est  "nous lui donnons, à chaque battement de notre cœur las, notre assentiment". Notre bonne ou mauvaise conscience n'empêche pas une descente progressive dans un monde corrompu où  la domination économique nous fait participer à un système d'exploitation pour lequel "nous devons répondre de l'état de ce monde, même si nous ne l'avons pas choisi". Dans une langue magnifiquement dense, précise, lyrique mais non dépourvue d'humour, l'auteur fait le constat que le véritable enfer réside dans l'impossibilité d'une véritable rencontre humaine à travers un mur invisible, construit sur la domination économique et sociale, impossible à franchir,  chacun restant prisonnier de sa propre condition.

Par la mise en parallèle de deux histoires, celle du narrateur, professeur de philosophie expatrié, qui vit avec sa famille sa vie d'expat dans un confort luxueux, et l'autre celle d'une femme immigrée, Kasheeva, Sri Lankaise, poussée par la misère à s'enfuir et à vivre exploitée que ça soit par sa famille ou ses patrons successifs, Jérôme Ferrari nous livre une réflexion philosophique, sociologique voir anthropologique, sur la condition humaine et notre sentiment de culpabilité.

"Clément" Romain Lemire - éd Le Cherche Midi

C'est l'histoire d'une enfance heureuse, celle de Clément.
C'est le portrait de sa famille, aimante et cultivée, entre un père professeur de lettres et une mère éditrice, où tout semble aller pour le mieux.
C'est la chronique vivante et colorée de ses amitiés, de ses amours, de ses désirs et de ses rêves. C'est la France des années quatre-vingt.
Mais c'est aussi le récit d'un "crime ordinaire" l'inceste subit par un petit garçon de 7 ans et qui se poursuivra jusqu'à ses 14 ans, à la mort de son père. Il dénonce le silence, l'omerta des non-dits et les mécanismes d'effacement, notamment ceux de sa mère.

Ce récit lumineux questionne la difficulté à se construire  "*comment réussir à vivre ou pas avec* ", comment réussir à "*vivre en existant* " ? Il cherche à comprendre quels sont les systèmes en jeu et comment se joue la survie intérieure. Grâce au langage, par les mots, par des échanges épistolaires et pour ne pas "*mourir en colère*" il nous explique comment il est arrivé à faire la paix, à donner du sens à tout ce qui lui est arrivé, à "*consentir à exister*" et espérer, enfin, qu'un futur pourra se dessiner.

C'est un texte imminemment important car il dénonce sans détours les ravages, le séisme d'un "*inceste ordinaire*" à l'échelle de toute une vie. "Clément" s’inscrit dans le sillage des écrits contemporains, qui auscultent les mécanismes de l’inceste, sa déflagration et ses ravages. Romain Lemire fait entendre un témoignage précieux, peu d’hommes s’étant exprimés jusqu’ici sur ce sujet. 

 

"Qui se ressemble " Agnès Desarthe - éd Buchet Chastel

Au fil du texte, la chanson Enta Omri d’Oum Kalsoum devient fil d’Ariane : une musique-mémoire pour dire l’exil, la langue, la transmission, la traduction – et ce « douanier » imaginaire qui laisse passer les mots mais retient la culture. Avec une justesse éblouissante, Agnès Desarthe signe un récit la fois intime et ample où la musique ouvre les portes du passé et éclaire la complexité d’une appartenance.

"Tu es ma vie, chante la femme à l’épaisse chevelure noire maintenue en un chignon gonflé. Elle a un mouchoir à la main, comme ma grand-mère, des lunettes fumées, comme ma grand-mère, elle parle arabe, comme ma grand-mère."

1956, Besançon : un jeune homme venu d’Algérie découvre la France.

6 octobre 1973, Paris, jour de Kippour : une enfant comprend confusément qu’une guerre vient d’éclater.

 

"L'empereur de la joie" Ocean Vuong - éd Gallimard

Un soir d'été, sous une pluie battante, Hai se retrouve sur un pont, prêt à sauter. Il faut dire que grandir dans un coin aussi perdu qu'East Gladness peut ôter tout espoir, même à dix-neuf ans. Mais le destin en décide autrement quand Grazina, vieille veuve logeant près de la rive, repère sa silhouette à temps et l'interpelle - c'est ainsi qu'elle sauve Hai, et lui ouvre la porte de sa maison délabrée. Un tandem incongru et joyeux se forme alors entre ce jeune homme d'origine vietnamienne, accro aux opioïdes et mythomane, et cette ancienne réfugiée lituanienne qui n'a plus toute sa tête. Quand ils n'arrivent plus à joindre les deux bouts, Hai décroche un poste dans un fast-food du coin où une bande de marginaux l'accueille chaleureusement. Mais alors qu'il reprend doucement goût à la vie, la santé de Grazina se dégrade sérieusement. Parviendra-t-il pour une fois à ne pas fuir la réalité ? Après l'immense succès d'"Un bref instant de splendeur", Ocean Vuong nous époustoufle ici par son talent de conteur et son inventivité hors pair. De sa plume délicate et poétique, parfois délicieusement loufoque, il nous offrre le portrait fascinant d'une Amérique défaillante et cruelle, où une simple amitié peut redonner tout l'espoir du monde.

"Les fantômes de Shearwater" Charlotte McConaghy - éd Gaïa

Dominic Salt et ses trois enfants sont les gardiens de Shearwater, une île perdue au milieu de l’océan Austral. Abritant la plus grande banque de graines au monde, le site accueillait jusqu’à il y a peu de nombreux chercheurs que la montée des eaux a contraints à partir. C’est aux Salt, désormais seuls sous la menace inexorable des élé-ments, qu’il revient de choisir les semences qui seront sauvées et dont l’avenir de l’humanité pourrait bien dépendre.
Un soir de tempête, une femme s’échoue sur le rivage, miraculeusement en vie. D’où vient-elle ? Et que cherche-t-elle ?
Bientôt, des secrets enfouis referont surface. Et chacun devra affronter ses fantômes.
Mêlant suspense, réflexion écologique et tragédies familiales, Charlotte McConaghy signe un thriller polyphonique addictif sur la quête de communion et de beauté dans un monde au bord du précipice.

"Les orphelins" Eric Vuillard - éd Actes sud

Une histoire de Billy the Kid ou comment l'Amérique s'est construite. Dans "L'homme qui tua Liberty Valance", le film de 1962 réalisé par John Ford avec John Wayne et James Stewart dans les rôles principaux, il y a cette célèbre phrase : " On est dans l'Ouest, ici. Quand la légende dépasse la réalité, alors on publie la légende! ". A revers, loin des mythes, des fantasmes et des légendes Eric Vuillard va réécrire l'histoire de Billy the Kid pour le faire parler. A travers lui, il nous fait comprendre les fondements de la démocratie américaine et la place de la conquête coloniale dans son histoire d'hier et d'aujourd'hui . Avec finesse, il nous explique la naissance du capitalisme américain, la montée de la violence, les inégalités et les ambitions États-Uniennes d'hier et d'aujourd'hui.
Une belle façon littéraire de résister, encore et toujours.
 

Prochainement

Samedi 13 décembre, entre 15h et 18h :

Double séance de dédicaces avec Louison et Vincent Brunner.  

Porculus

54 ans après sa première parution, Louison adapte avec brio et fidélité les aventures du petit goret d'Arnold Lobel en bande dessinée. Absolument irrésistible et plus encore avec une dédicace dessinée de Louison.

chansonsrebelles

12 morceaux qui ont changé leur époque, issus de tous les genres musicaux et devenus des emblèmes contestataires. "Strange Fruit", "Bella Ciao", "Balance ton quoi", "Blowing in the wind,", "Le chant des partisans"... leur histoire en BD. Un chouette cadeau de Noël dédicacé.

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