Troisième roman de la très prometteuse Lucie Rico qui confirme avec cette enquête très particulière son style absolument inimitable et un imaginaire complètement débridé. Une jeune femme rédige chez elle des rapports d'entreprises, elle pianote sur son clavier sans grande conviction quand elle s'aperçoit que la touche point ne répond plus, c'est ensuite certaines lettres qui disparaissent, la confrontant à l'impossibilité de rendre ses dossiers en temps et en heure. Un souvenir obsessionnel se met alors à envahir ses pensées, elle n'aura de cesse de rechercher l'origine de cet angle mort et de reconstituer ce qui a bien pû se passer. La narratrice devient enquêtrice au sein de sa propre histoire, réveillant les fantômes familiaux, les questions sans réponses. On rit beaucoup des situations cocasses et parfois loufoques qu'elle imagine pour parvenir à retrouver cette fraction de seconde quand sa mémoire s'est mise en mode "pause".
A l'origine de cette enquête : Jennifer petite fille regardait "Autant en emporte le vent" avec son grand-père. Vivien Leigh et Clark allait s'embrasser quand quelqu'un a appuyé sur la touche pause du magnétoscope. Obsédée, totalement prisonnière de cette image, Jennifer va alors mener l'enquête pour reconstituer la scène originelle comme le ferait la police judiciaire.
Comment reconstituer une mémoire traumatique ? Lucie Rico arrive par le biais de ce faux thriller humoristique mais très troublant à lier habilement, en prenant le langage comme métaphore, l'écrit, la mémoire, le trauma et les secrets de famille.
Aux abords d'un lac de haute montagne, à la lisière d'une réserve naturelle interdite aux humains, un groupe de chercheurs s'affaire. Parmi eux, une photographe Paola qui aime les expéditions extrêmes, les lieux hostiles et les espaces sauvages. En quête de l'image parfaite, elle aperçoit sur un des versants quelque chose qui échappe au regard de tous les autres.
Les signes étranges s'accumulent, un corps est retrouvé. La photographe décide de rester là-haut, seule. Quelques mois plus tard, c'est elle qui, à son tour, disparaît.
Le narrateur de ce roman, tout en tension, n'a rencontré qu'une seule fois Paola, son récit se nourrit de celui des autres et de son désir d'intensité.
Après le très remarqué "Tenir sa langue" qui évoquait ses premières années en France, Polina Panassenko, dans dans ce nouveau récit, raconte son retour en Russie. Elle à vingt ans et veut intégrer la très prestigieuse école du Théâtre National de Moscou. Elle y passe des auditions et commence ses premiers cours tout en résidant chez son grand-père. Vladimir Poutine vient d'être réélu, des manifestations se déroulent sous ses fenêtres mais toujours une forme de silence demeure autour de cette agitation. Il ne faut pas parler à "voix haute", les murs ont toujours des oreilles et ce sentiment ne passe pas et se transmet de génération en génération.
A partir de très peu de documents, une photo, quelques objets, Polina Panssenko se lance dans un voyage au bout de la mémoire qui la plonge dans l'héritage de son pays, mettant au jour des vies brisées par le Goulag et la peur qui se transmet de génération en génération. Elle partira pour la Kolima, refaisant ainsi le chemin de son ancêtre déporté en Sibérie.
Elle s'appelait Louise Cantot, elle avait 29 ans quand elle a été retrouvée morte assassinée dans la nuit du 6 au 7 octobre 1949. Son corps avait été trouvé quai de Javel. Le dossier d'enquête fut rapîdement refermé sans que le crime soit élucidé. Plus de huit décennies plus tard, notre auteur enquêteur Philippe Jaenada reconstitue l'histoire de cette jeune bretonne, modèle de peintres à Montparnasse, femme indépendante, mère célibataire assez éloignée du profil de la victime idéale. C'est à ses côtés que Jaenada choisit de se tenir pour remonter le fil de cette affaire avec le souci de retracer les conditions de vie des femmes de l'époque. Une immersion dans les années noires de l'après guerre dans un Paris sombre et menaçant.
Pour la première fois, Véronique Ovaldé s'aventure dans sa biographie pour faire le portrait de sa mère, mais elle le fait à sa façon, avec le recours revendiqué, exquis et inventif à la fiction, se plaisant à rêver pour sa mère à d'intempestives bifurcations et d'improbables autres vies. Ce faisant, elle découvre une femme à la bonté rare et dont l'admirable renoncement n'a pas, malgré tout, éteint la joie.
L'histoire suit Waldo qui retourne pour la première fois depuis dix ans sur la presqu'île bretonne de son enfance à l'occasion d'une fête "importante" qu'organise sa mère. Là, nous allons remonter le temps et découvrir ce qu'il s'est réellement passé entre les deux familles les Schnabel et les Wilberforce. Suspense, amours, vengeance, secrets, tous les ingrédients sont réunis, l'autrice nous plonge au cœur des sensibilités de chaque personnage et nous offre une belle intensité émotionnelle tout le long de la lecture.
Julia Kerninon nous tient en haleine, rythmant cette histoire à travers les voix des différents personnages et le croisement de différentes temporalités grâce à une écriture fluide et une construction habile.
Une jolie villa dans le Brabant wallon, l'été à la mer, l'hiver au ski, deux enfants : Aurélie et Arnaud se sont construit une vie qui leur ressemble. Pourtant, un soir d'été, Arnaud prend une arme et assassine les siens avant de se suicider.
Adeline Dieudonné rembobine le film de l'histoire de ce couple, du premier regard à la mise en place d'un quotidien bourgeois. À chaque étape, la mécanique prend forme sous nos yeux, insidieuse, inéluctable.
Chronique d'une mise à mort annoncée, ce roman haletant nous entraîne au cœur de la bourgeoisie belge, où il est courant de tutoyer son banquier et où la violence se dissimule derrière les façades de briques blanches.
« En tout être humain il y a à la fois un animal et un dieu qui se livrent une lutte à mort. »
La vie est un combat souvent invisible. La famille, l’amour ou l’amitié sont des lieux de joie autant que d’adversité, où tout peut basculer dans un cercle infernal. Les neuf nouvelles de La Bagarre sont traversées de personnages tiraillés entre leurs bonnes intentions et ce qui vient les parasiter.
Comment conquérir une place à soi quand le monde entier vous enjoint d’attendre et de contenter les autres ? Des années 1950 à nos jours, de la Nouvelle-Angleterre à la Floride, Lauren Groff explore les chemins accidentés de l’existence, en particulier celle des femmes.