"L'histoire de Sam ou l'avenir d'une émotion" Jean-Marc Parisis - éd Flammarion

A 14 ans, dans une petite ville de France, la veille de partir en vacances, Sam rencontre une jeune Galloise. C'est l'émerveillement, le serment. Avant la séparation, déchirante, et le silence, mystérieux. Des années plus tard, à la faveur de divers signes, la pensée de Deirdre revient hanter l'homme que Sam est devenu. Sans attaches, mais gouverné par cette singulière présence, il ira au bout d'un étonnant voyage. Dans ce roman virtuose aux allures de conte moderne, Jean-Marc Parisis joue jusqu'au vertige avec le temps, les visages, les lieux, les distances.

  

"Par les routes" Sylvain Prudhomme éd L'Arbalète Gallimard

"J'ai retrouvé l'autostoppeur dans une petite ville du sud-est de la France, après des années sans penser à lui. Je l'ai retrouvé amoureux, installé, devenu père. Je me suis rappelé tout ce qui m'avait décidé, autrefois, à lui demander de sortir de ma vie. J'ai frappé à sa porte. J'ai rencontré Marie". Avec "Par les routes", Sylvain Prudhomme raconte la force de l'amitié et du désir, le vertige devant la multitude des existences possibles. Un récit tout en douceur, en générosité et en tolérance. Des êtres se rencontrent, se croisent, se retrouvent, ils se regardent vivre. Chacun essaie de faire ce qui lui paraît le mieux pour lui même. Le narrateur est écrivain et part s'enfermer dans un appartement dans le sud de la France, c'est là qu'il croise un ami qu'il a connu étudiant et avec lequel il a beaucoup voyagé, ce dernier n'a pas renoncé à ses rêves d'escapades et part régulièrement en stop en France et parfois plus loin. Il vit avec Marie qui est traductrice, ils ont un jeune fils. Le récit tourne autour de ce personnage qui ne peut vivre qu'en état de partance et qui a construit son existence avec cet impératif. On le voit évoluer par le regard des autres personnages qui vivent ses absences à leur manière, mais dans un profond respect de sa liberté. Portés par la douceur du style et des regards, on suit les pérégrinations de l'autostoppeur, ses retours, la vie qui évolue autour de ses absences, et on se retrouve étonnamment proche de ce trio qui aborde avec tant de sérénité les surprises de la vie. Un récit excessivement attachant.

"Toutes les histoires d'amour ont été racontées, sauf une" Tonino Benacquista - éd Gallimard

Où donc est passé Léo ? Son entourage s’interroge sur le mystère de sa disparition. Qui était-il vraiment ? Que fuyait-il ? S’il vit toujours, où est-il allé se perdre ? Nul ne se doute qu'il vit désormais dans un autre monde, celui des séries télévisées, où tout fait écho, à sa mémoire comme à ses rêveries. Vingt ans après le succès de "Saga", Tonino Benacquista nous rappelle que seule la fiction a le pouvoir de réparer le réel. Tonino Benacquista nous entraîne sur la piste d'un homme qui a choisi de fuir le réel, il surf d'une série à l'autre, emprunte une réplique, ou la situation d'une série et la réutilise dans le contexte d'une autre, tout en y mêlant ses souvenirs. C'est un individu ordinaire dépassé par son époque, celle de la connexion immédiate ou de l'info en continu, pris de vertige, il s'enferme chez lui pour chercher les réponses à ses questions en passant de l'autre côté du miroir, et en se laissant complètement absorbé par l'univers de la fiction. Il ne vit pas par procuration l'histoire des personnages, il utilise les sujets ou les situations pour essayer de comprendre ce qui le hante, il est perpétuellement dans un monologue intérieur. D'autres personnages traversent ce roman, Richard/Rich milliardaire le jour, SDF la nuit, l'écrivain Harold qui représente le monde d'avant... Une quête effrénée d'identités morcelées qui prend, comme toujours chez T. Benacquista, des chemins de traverses inédits.

"Le service des manuscrits" Antoine Laurain - éd Flammarion

"A l'attention du service des manuscrits." C'est accompagnés de cette phrase que des centaines de romans écrits par des inconnus circulent chaque jour vers les éditeurs. Violaine Lepage est, à 44 ans, l'une des plus célèbres éditrices de Paris. Elle sort à peine du coma après un accident d'avion, et la publication d'un roman arrivé au service des manuscrits, Les Fleurs de sucre, dont l'auteur demeure introuvable, donne un autre tour à son destin. Particulièrement lorsqu'il termine en sélection finale du prix Goncourt et que des meurtres similaires à ceux du livre se produisent dans la réalité. Qui a écrit ce roman et pourquoi ? La solution se trouve dans le passé. Dans un secret que même la police ne parvient pas à identifier.

 

 

 

 

  

"Une vie audacieuse" Elena Costa - éd Gallimard

1987. Yves quitte le confort de la maison familiale pour suivre des études de droit à Paris. Très vite, le jeune homme se sent rejeté par la capitale et les autres étudiants, et rêve d’une 'vie audacieuse'. Dans un café, il rencontre Évelyne, âgée d’une trentaine d’années et professeure de piano. Elle s’occupe tous les dimanches de son fils de treize ans, Jérôme, qui vit chez son père car elle a refusé d’en assumer la garde. Évelyne est secrète, distante, insaisissable. Une relation amoureuse naît pourtant entre Yves et la jeune femme et, après la mort du père de Jérôme, ils vivent ensemble tous les trois quelques mois dans un appartement en banlieue parisienne. Mais un jour Évelyne abandonne les deux garçons... Chacun va essayer à sa façon de combler cette absence. L’écriture délicate d’Elena Costa installe une atmosphère de mélancolie douce et lumineuse pour dessiner, en creux, le portrait d’une femme éprise de liberté.

 

 

"10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange" Elif Shafak - éd Flammarion

Et si notre esprit fonctionnait encore quelques instants après notre mort biologique ? 10 minutes et 38 secondes exactement. C’est ce qui arrive à Tequila Leila, prostituée brutalement assassinée dans une rue d’Istanbul. Du fond de la benne à ordures dans laquelle on l’a jetée, elle entreprend alors un voyage vertigineux au gré de ses souvenirs, d’Anatolie jusqu’aux quartiers les plus mal famés de la ville. En retraçant le parcours de cette jeune fille de bonne famille dont le destin a basculé, Elif Shafak nous raconte aussi l’histoire de nombre de femmes dans la Turquie d’aujourd’hui. À l’affût des silences pour mieux redonner la parole aux « sans-voix », la romancière excelle une nouvelle fois dans le portrait de ces « indésirables », relégués aux marges de la société.

 

 

 

 

"Croire aux fauves" Nastasja Martin - éd Verticales

" Ce jour-là, le 25 août 2015, l'événement n'est pas : un ours attaque une anthropologue française quelque part dans les montagnes du Kamtchatka. L'événement est : un ours et une femme se rencontrent et les frontières entre les mondes implosent. Non seulement les limites physiques entre un humain et une bête qui, en se confrontant, ouvrent des failles sur leurs corps et dans leurs têtes. C'est aussi le temps du mythe qui rejoint la réalité ; le jadis qui rejoint l'actuel ; le rêve qui rejoint l'incarné ". C'est un récit unique car cette femme, anthropologue, a croisé l'ours, l'a affronté et s'en est sortie vivante mais à jamais transformée. Elle raconte l'attaque, les soins, sa longue reconstruction, ses allers et retours entre les montagnes du Kamtchatka et Grenoble dont elle est originaire. Elle oscille entre deux cultures, celle qui croit aux fauves et aux forces de la nature et celle qui la considère comme une rescapée. Elle est devenue pour les habitants de ces territoires un être sacré, en occident elle est la victime d'une attaque. Elle va tenter de démêler les liens qui l'attachent à ces deux cultures pour trouver un sens à ce qui lui est arrivé. Un récit passionnant autant que déroutant qui donne un accès intime à cette rencontre avec un autre monde. "Revenir de cela implique une métamorphose physique, intérieure et une métamorphose du regard que l'on porte sur les choses". Exceptionnel.

     

"J'ai oublié" Bulle Ogier - éd du Seuil

Comme un funambule qui avance, yeux grands ouverts, sur une corde au-dessus du vide, Bulle Ogier parcourt les étapes de sa vie d'enfant, de femme, d'actrice, de mère. Une vie jamais banale, pour le meilleur (l'art, la création, la fréquentation de grandes figures comme Duras, Rivette ou Chéreau), ou pour le pire (la mort de sa fille Pascale, évoquée avec délicatesse et intensité). On pourrait énumérer les péripéties, les événements, établir des listes, mais un seul mot dit à quelle expérience le lecteur est convié : enchantement. Sur un ton qui n'appartient qu'à elle, l'actrice de tant de films, de tant de mises en scène théâtrales, la protagoniste de tant d'aventures, exerce une sorte de magie, on est avec elle, on est parfois effaré, et toujours touché, ému, bouleversé. On rit aussi, ou on sourit. Bref, les mystères parfois contradictoires de la vie, mis en langue : ce qu'on appelle, simplement, la littérature.

 

 

"D'un cheval l'autre" Bartabas - éd Gallimard

C’est ce soir-là, après avoir copieusement arrosé l’arrivée du nouveau venu, que nous avons décidé dans l’euphorie et à l’unanimité de le baptiser Zingaro. Il endosserait le nom de notre théâtre équestre et musical, premier nommé il donnerait à la troupe sa descendance. Plus tard, tandis que la fête se répandait dans la nuit et que s’épanchaient les cœurs imbibés, je me suis surpris, comme souvent, à ne plus trouver ma place. J’éprouve dans ces moments le besoin de me retirer ; de m’évaporer sans au revoir ni salut. Je suis allé le rejoindre dans son box, je n’ai pas allumé, je me suis glissé dans son antre comme on se glisse sous les draps de l’amante endormie. Il était couché sur le flanc gauche, je me suis assis près de lui, il a tourné la tête vers moi sans se relever, un peu étonné de me voir, comme sorti d’un songe.
Cette nuit-là, nous avons fait un pacte : j’allais contaminer son animalité et il allait me permettre d’exister parmi les hommes. Aux humains de mon espèce, nous allions nous révéler. Pour la vie.' Magnifique galerie de portraits équins, qui racontent avec poésie et délicatesse, les liens singuliers qui se sont tissés entre l'homme et ses chevaux. A lire, même si l'univers du cheval ne vous est pas familier, vous serez emporté par la magie de ces rencontres. Une grande leçon d'amour et de respect.

"Trinity" Louisa Hall - éd Gallimard

15 juillet 1945, Los Alamos, Nouveau-Mexique. Robert Oppenheimer, brillant scientifique et créateur de la bombe atomique, compte les heures, les minutes. Il attend le lancement de l’essai nucléaire Trinity.
Un agent du FBI, une journaliste ou encore sa secrétaire particulière témoignent de celui qu’il était. À travers sept récits s’élabore par petites touches le portrait kaléidoscopique d’un homme de l’ombre qui a transformé le destin de l’humanité. Trinity explore les confins de la culpabilité, son influence sur les corps et les esprits. Ici, les histoires personnelles des narrateurs se mêlent à l’histoire mondiale, et les fantômes des victimes des bombes d’Hiroshima et Nagasaki surgissent à chaque page.
En interrogeant le rapport entre réalité et fiction, intime et universel, Louisa Hall compose un grand roman sur le monde terrifiant engendré par l’arme qui aurait dû en finir avec toutes les armes.

 

 

"Tous les vivants" C. E. Morgan - éd Gallimard

Orren et Aloma sont deux âmes à vif, deux jeunes êtres à fleur de peau. Elle est orpheline, élevée dans une école missionnaire catholique et dotée d'un talent rare pour le piano. Il est fils de fermiers, fier et taciturne. Ils sont amoureux et leur vie bascule le jour où la famille d'Orren meurt dans un accident de voiture, le laissant responsable d'une vaste plantation de tabac, d'une terre aride et d'une maison silencieuse où flotte encore la présence des êtres disparus. Livrée à elle-même dans ces lieux si peu familiers au coeur des montagnes du Kentucky, Aloma devra trouver sa place dans cette nouvelle vie, déchirée entre son désir de conserver sa liberté de femme et la nécessité de se soumettre aux engagements du couple. Tous les vivants a la puissance évocatrice d'une parabole et le charme intemporel d'un conte. C. E. Morgan y dresse un remarquable portrait de femme, intime et saisissant, et dépeint avec une éclatante justesse le processus d'enracinement des êtres au sein d'une terre et d'une famille.

 

Prochainement

Samedi 13 décembre, entre 15h et 18h :

Double séance de dédicaces avec Louison et Vincent Brunner.  

Porculus

54 ans après sa première parution, Louison adapte avec brio et fidélité les aventures du petit goret d'Arnold Lobel en bande dessinée. Absolument irrésistible et plus encore avec une dédicace dessinée de Louison.

chansonsrebelles

12 morceaux qui ont changé leur époque, issus de tous les genres musicaux et devenus des emblèmes contestataires. "Strange Fruit", "Bella Ciao", "Balance ton quoi", "Blowing in the wind,", "Le chant des partisans"... leur histoire en BD. Un chouette cadeau de Noël dédicacé.

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