C'est l'histoire d'une enfance heureuse, celle de Clément.
C'est le portrait de sa famille, aimante et cultivée, entre un père professeur de lettres et une mère éditrice, où tout semble aller pour le mieux.
C'est la chronique vivante et colorée de ses amitiés, de ses amours, de ses désirs et de ses rêves. C'est la France des années quatre-vingt.
Mais c'est aussi le récit d'un "crime ordinaire" l'inceste subit par un petit garçon de 7 ans et qui se poursuivra jusqu'à ses 14 ans, à la mort de son père. Il dénonce le silence, l'omerta des non-dits et les mécanismes d'effacement, notamment ceux de sa mère.
Ce récit lumineux questionne la difficulté à se construire "*comment réussir à vivre ou pas avec* ", comment réussir à "*vivre en existant* " ? Il cherche à comprendre quels sont les systèmes en jeu et comment se joue la survie intérieure. Grâce au langage, par les mots, par des échanges épistolaires et pour ne pas "*mourir en colère*" il nous explique comment il est arrivé à faire la paix, à donner du sens à tout ce qui lui est arrivé, à "*consentir à exister*" et espérer, enfin, qu'un futur pourra se dessiner.
C'est un texte imminemment important car il dénonce sans détours les ravages, le séisme d'un "*inceste ordinaire*" à l'échelle de toute une vie. "Clément" s’inscrit dans le sillage des écrits contemporains, qui auscultent les mécanismes de l’inceste, sa déflagration et ses ravages. Romain Lemire fait entendre un témoignage précieux, peu d’hommes s’étant exprimés jusqu’ici sur ce sujet.