C'est l'une des belles surprises de cette rentrée hivernale. Loufoque, drôle, avec des passages tout simplement hilarants, "Princesse" est une satire sociale désopilante et acerbe. Une critique sur la montée des nationalismes.
"Princesse" commence comme un conte moderne. Barbara Lis, cadre RH d'origine polonaise, revient d'une mission délicate quand elle fait deux rencontres bouleversantes : un lapin nommé Princesse, reçu en cadeau d'anniversaire, et Pawel, plombier polonais. Tout s'enchaîne très vite. Par amour, Barbara, célibataire effacée adepte de rencontres éphémères, prend le chemin de la Pologne avec ses nouveaux compagnons. La Parisienne rejoint le village natal de son amoureux, et s'installe dans leur nouvelle maison. À Lysina, on s'occupe de ses voisins. Trop. Ainsi l'étrangère est épiée par tous. Chacun scrute le ventre de Barbara : quand va-t-elle tomber enceinte ? Seul le lapin grossit.
Saisissant l'air du temps, l'autrice s'attaque avec humour et férocité à la résurgence des conservatismes, religieux et politique. Elle dit un monde en décomposition et la réapparition d'atavismes que l'on croyait disparus. Les droits sont remis en cause partout. En Pologne, et bientôt en France ? Princesse, roman indispensable de cette rentrée littéraire hivernale.