Trois récits, trois femmes qui se battent pour préserver leur dignité contre les humiliations que la vie leur inflige avec une obstination méthodique et parfois incompréhensible. Trois femmes, trois vies laminées par le pouvoir paternel, la médiocrité et la prétention d'un époux ou simplement par l'existence quand elle n'offre aucune chance de salut. Trois récits terribles portés par le souci permanent de décrire le sentiment d'anéantissement. Nous sommes éblouis par la force de l'écriture de Marie Ndiaye qui s'applique à expliquer, sans concessions, toutes les formes que « le mal » peut revêtir. Un livre exceptionnel.
Un très grand livre, magnifique et bouleversant, qui évoque l'empoisonnement éternel des hommes abandonnés dans les guerres et par la vie quand elle tourne mal et qu'il n'est pas possible d'échapper au ressentiment. Et, s’il est surtout question de la guerre d'Algérie, ce livre rappelle la condition humaine dans tous les conflits : le traumatisme universel auquel l'homme est condamné, quand il découvre la peur et la barbarie. Ce n'est pas un texte militant mais un hommage poignant rendu à notre pauvre humanité par un auteur d'une extrême pudeur et d'une profonde sensibilité.
Fils de Vita Sackville-West (écrivain anglais) et d’Harold Nicolson (diplomate et homme politique), Nigel Nicolson exhume dans ce recueil des centaines de lettres issues de la correspondance foisonnante de ses parents. Ce couple hors du commun se rencontra en 1910, souvent éloignés l'un de l'autre, ils s'écrivirent presque tous les jours, cherchant toujours à atteindre la plus grande franchise dans l'expression de leurs sentiments. Cette alliance singulière, qui aurait pu sombrer sous le poids des préjugés, se construisit sur un respect constant et mutuel, y compris quand s'y adjoignirent les relations extraconjugales de chacun ou la passion dévorante que connut Vita Sackeville-West pour une autre femme, au début de son mariage. Magnifique portrait d'un mariage.
Au coeur d'une ville sans cesse en mouvement, un homme, une femme résistent à l'agression quotidienne d'un monde livré aux violences invisibles. C'est le monde du travail, la répétition des épreuves quotidiennes, le harcèlement, la fatigue, la solitude et la misère sociale à laquelle se confrontent ces deux témoins. C'est un roman de résistance que l'on referme en se demandant comment certains êtres humains, visiblement à bout, trouvent encore la force de continuer. C'est un roman vibrant et effrayant sur les violences d'un monde privé de compassion où l'on risque de se perdre sans aucun bruit.
On imagine qu'elle parle comme elle écrit, vive, percutante, essentielle dans ses sentiments et dans ses tâtonnements. Sa mère vient de mourir, elle est demeurée à ses côtés tout au long de sa maladie, elle devient mère à son tour, mais n'a pas eu le temps de s'habituer au départ de celle qui l’a mise au monde, et à l'arrivée de son enfant. Justine Lévy se fonde sur le trio qu'elles forment toutes les trois pour parler de cette mère, fantasque, insaisissable, drôle, marginale et infiniment aimée, qu’elle retrouve avec surprise, dans les traits de son enfant.
Livres de Poche
Haffner, banquier britannique à la retraite, séjourne dans une station thermale en Europe centrale. Il y est venu pour récupérer des droits de propriété sur une demeure qui aurait appartenu à sa défunte épouse. Haffner a du mal à remplir le contrat moral qui l’a conduit en ces lieux. Vieux séducteur gâté par la vie, il souhaite encore mesurer « l'insoutenable légèreté de son être » mais, à ce jeu, il s'expose aussi au ridicule et au pathétique d'un homme touchant à sa fin. Un roman immoral et insolent mais diablement intelligent.
Un homme vit seul depuis 20 ans sur une île isolée, quelque part en Suède. Son seul contact régulier avec la civilisation est l'avion postal et la présence du chien et du chat. Un jour débarque, sur la neige glacée, une femme marchant péniblement avec un déambulateur. Vision hiératique et pour le moins intrigante. Cette femme est venue lui rappeler son passé et lui demander d'assumer ce qu'il a tenté de fuir. Très belle partition sur le sens de la filiation, l'intérêt que l'on porte aux autres et l'acceptation de la diversité, même quand on a décidé de vivre en dehors et d'éviter de se confronter aux autres.
Secrétaire de Jean Moulin, Daniel Cordier raconte les années passées au service de Jean Moulin. Ce journal passionnant raconte l'éveil patriotique d'un très jeune homme de 17 ans qui refuse la défaite et pars avec quelques compagnons à Londres. Il y suit une dure formation de combattant mais malgré son dépit il n'ira jamais au combat. Ses talents de « radio » le conduiront auprès de Jean Moulin, il ne saura jamais durant ces années de guerre, qui est cet homme mystérieux pour lequel on sent naître une grande admiration pour son intelligence et son courage. C'est surtout la résistance de l'ombre que décrit D. Cordier, les transmissions, la prudence, la solitude de ces très jeunes hommes et femmes qui deviennent les maillons indispensables de la résistance.
« Mon enfant de Berlin » Anne Wiazemski - « Les mains rouges » Jens Christian Grondahl -
« Exit le fantôme » Philip Roth – « La délicatesse » David Foenkinos – « Juliet Naked » Nick Hornby – « La mer noire » Kethevane Davrichervy – « La veuve » Gil Adamson – « Dead boys » Richard Lange – « Alias Caracalla » Daniel Cordier – « L’épouvantail » Mickael Conelly – « Les visages » Kellerman – « 13 heures » Deon Meyer– « longues peines » Jean Teulé.








