« Débutants », « Parlez-moi d’amour », « les vitamines du bonheur » Raymond Carver – éd de L’Olivier
Les éditions de l’Olivier ont décidé de publier, 22 ans après la mort du nouvelliste américain Raymond Carver, son œuvre complète.
Les deux premiers volumes parus sont « Débutants » et « Parlez-moi d’amour », ces deux versions nous permettent de comparer le Carver sans retouche de « Débutants », resté inédit en français jusqu’à maintenant, de celui que nous avons toujours connu minimaliste, sec et elliptique. L’édition conjointe permet de rétablir le texte réel tel que l’auteur aurait souhaité le voir paraître.
Viennent également de sortir en librairie « Tais-toi, je t’en prie » et les « Vitamines du bonheur », ce dernier recueil étant celui dans lequel ce nouvelliste atteint la quintessence de son style et surtout de ses thématiques. Jamais la vie des sans-vies, la voix des parias et des exclus n’y furent aussi bien retranscrites.
« Essais » Philippe Muray – éd Les belles lettres
Philippe Muray nouvelle star posthume des lettres françaises ?
C’est bien ce que pourrait laisser penser l’engouement actuel autour de celui qui n’a cessé de railler et de mettre en déroute le discours de « l’Empire du bien », de ses promoteurs subventionnés et de ses défenseurs sans ennemis, de ses inquisiteurs luttant contre toutes les résurgences d’un ordre moral passé qu’ils ont déjà mis à genoux.
Engouement, donc, puisque Lucchini régale depuis plusieurs mois les spectateurs du théâtre de l’Atelier en lisant les déjà fameux « Le sourire à visage humain » ou « Tombeau pour une touriste » de l’écrivain français.
Pour couronner le tout, l’éditeur « Les belles lettres » publient en un seul volume sept des textes les plus percutants de Philippe Muray, à savoir deux tomes de « Après l’histoire », les quatre tomes de « Exorcismes spirituels » ainsi que « L’empire du bien ». L’occasion de vérifier, d’une traite, que la France avait bien trouvé un successeur à Balzac et à Zola en la personne de cet écrivain, de ce commentateur du monde contemporain, qui avait su faire ressortir les aspects les plus carnavalesques en même temps que les plus funestes de notre temps. Grand forgeur de concepts, de « l’homo festivus  à l’envie pénale », « du mutin de panurge au rebellocrate », Philippe Muray n’a cessé de nous décrire « les nouveaux curés de la bien-pensance » dans une langue d’une inventivité inouïe, sans oublier, de nous dévoiler ce qu’il y avait de caché sous les soutanes de « ces progressistes bêlants ».
Le seul regret que nous puissions émettre devant ce recueil de textes, c’est qu’il ne cessera de nous faire regretter la perte du pourfendeur de la tartufferie qu’était cet écrivain.
Qui maintenant pour reprendre le flambeau ? Qui pour nous faire jubiler en même temps que désespérer sur ces nouveaux sujets estampillés « contemporain » que sont les réseaux sociaux, l’interdiction de la cigarette dans les lieux publics, le nouvel engouement autour de l’écologie et du bio, les expositions Murakami et Koons à Versailles, la panique générée par le virus H1N1 ?

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