« Les pieds dans l'eau » Benoît Duteurtre éd Gallimard
Dans ce récit biographique B. Duteurtre évoque son arrière grand-père René Coti – président de la République - et les remous que créa cette élection au sein de cette famille du Havre ancrée dans le catholicisme social. A partir de sa généalogie, l'auteur décrypte les mutations sociologiques d'une époque secouée par les événements de 68. Il rend aussi hommage à une station balnéaire « Etretat » qui incarna la tradition « des bains de mer » et qui subit, elle aussi, les assauts de la vulgarité. Nous aimons le style « Duteurtre », fantaisiste, léger et parfois cruel quand il s'agit de dénoncer la bêtise. Son public ne sera pas déçu et nous invitons ceux qui ne connaissent pas encore cet auteur talentueux à le découvrir dans ce roman « familial ».

Romans suite

« Paris-Brest » Tanguy Viel éd. Minuit
Règlement de compte familial, sur le mode ironique, détaché et moqueur auquel nous a déjà habitué Tanguy Viel. Il est souvent question dans ses romans, toujours courts, concis et percutants d'entreprise qui n'aboutiront pas, de sentiments explosifs mais feutrés et surtout d'un travail minutieux d'écriture dans lequel l'auteur se joue des ses personnages et de son lecteur. Nous aimons cette écriture qui revient sur les mots, qui s 'ajuste, qui se prépare comme ces héros qui n'en finissent pas de se lancer avant de passer à l'action. Mais cette fois, après de multiples ajustements, le narrateur règlera définitivement ses comptes avec les membres de sa famille. Divertissement assuré entre Brest, Paris et Palavas les Flots...
« Dans la maison sous terre » Chloé Delaume éd. Seuil
« J'écris pour que tu meurs » un livre homicide contre la survivante, celle qui a gardé si longtemps le secret, celle qui a brouillé toutes les pistes et qui un jour décide de révéler la vérité. Pour la narratrice, celle qui a passé plus de trente ans de sa vie à résister à la folie d'une histoire familiale faite de sang, de suicide, d'abandon, et de mensonge, ce dernier coup de théâtre pourrait être fatal si elle n'était capable de colère, d'humour et d'écriture féroce. Le ton est donné dès les premières pages, pas de retenues, pas de concessions, tuer le mal, anéantir ses dernières racines mais rappeler aussi que l'on ne peut pas sortir indemne de ces drames de la bêtise familiale. Alors parfois et n'en soyez pas surpris on parle avec les morts, on vit dans les cimetières, on écrit en alexandrins et on semble se balader avec désinvolture sur un champ de bataille.
« Le cerveau de Kennedy » Henning Mankel éd Seuil
H. Mankel apprécié depuis plusieurs années par les lecteurs de l'hexagone ne s'adonne pas uniquement à l'écriture de récits policiers. Cet homme partage sa vie entre la Suède et le continent africain sur lequel il a écrit essais et fictions. Ce dernier roman se déroule sous différentes latitudes mais le noeud de l'intrigue se passe au Mozambique autour d'un mouroir pour malades atteints du sida. A travers un récit palpitant qui tarde un peu à se mettre en ordre, H. Mankell exprime sa colère contre le cynisme du monde occidental face au naufrage de peuples, qui à peine sortis de la décolonisation sont rongés par le fléau du sida. Le pouvoir ne semble pas avoir changé de mains et les victimes sont restées dans le même camp, un récit rageur et effrayant.
« S. ou l'espérance de vie » Alexandre Diego Gary éd Gallimard
Alexandre Diego Gary que le lecteur connaîtra mieux au fil du récit sous le nom de Sébastien Heayes est le fils unique de Jean Seberg et Romain Gary. Le livre pourrait commencer par ces phrases énoncées un peu plus loin « Silence les morts malgré tout le respect que je vous dois, c'est à moi de prendre la parole ». Le récit qui va suivre ne raconte pas la vie de ses parents, il les évoque par le souvenir de moments partagés, il ne va pas au delà, les médias s'en sont largement chargés depuis longtemps. Il parle lui Diégo – Sébatien de sa vie parmi les morts, dans les appartements trop chargés de la présence des autres, de la culpabilité de n'avoir pu arracher ces être chers au désespoir de leur vie et il raconte comment il tente de faire son chemin parmi les vivants avec ce terrible héritage et cette absolue absence.
« Un autre » Peter Carey éd C. Bourgois
Intrigue passionnante qui nous renvoie dans les années 60 aux Etats Unis quand les filles de familles respectables partent vivre en communauté et deviennent parfois de dangereuses activistes terroristes. Che, fils d'un couple d'activistes bien connus sur le campus de Harvard va se retrouver pris en otage dans une course poursuite à travers les Etats Unis et l'Australie. Il va fréquenter des populations marginales bien étranges qui se retrouvent parfois pris au pièges de la stupidité de leurs propres idéaux. « Road movie » palpitant.
blocks_image
blocks_image
blocks_image
blocks_image
blocks_image
blocks_image