La boucherie, Bastien Vives, éd. Vraoum
Jeune prodige du dessin remarqué par son trait à la fois tendre et acide, il présente ici l’histoire d’amour d’un couple anonyme qui se déchire peu à peu. Avec de simples esquisses crayonnées il parvient avec adresse à pénétrer l’intimité du couple, ses souffrances et ses ratages. Mêlant les scènes du quotidien et celles de l’inconscient, il brosse à travers ses personnages un portrait de la jeunesse contemporaine, perdue dans les affres d’un amour qu’elle ne sait gérer. Un jeune auteur à suivre dont les autres albums, comme Le goût du Chlore, marquent un tournant dans la bande dessinée contemplative.
Paracuellos, Carlos Giménez, Fluide Glacial
Dans ces albums, enfin réunis dans une édition intégrale, l’auteur traite de sa propre enfance dans plusieurs foyers de l’assistance publique sous le régime de Franco. Abordant son travail comme un véritable historien, il a recueilli des centaines de témoignages et de photos afin de livrer un témoignage le plus réaliste possible sur cette période fasciste. Les enfants du foyer, livrés à des adultes sans scrupules tentent tant bien que mal de survivre. Un récit bouleversant empreint d’humanisme à ranger dans la catégorie des grands récits en bande dessinée comme Maus.
Ma vie mal dessinée, Gipi, Futuropolis
Grand prix du festival d’Angoulême en 2006, Gipi poursuit sur sa lancée et propose ici un récit plus intimiste sur sa propre vie. Faisant fi des tabous et des convenances et avec un réel sens de la narration malgré une apparence brouillonne, il nous propulse dans les sombres recoins de l’inconscient. Son œuvre riche et foisonnante se dévore plus qu’elle ne se lit et fait partie de ces ouvrages que l’on relit à plusieurs âges de la vie, y découvrant de nouvelles entrées à chaque fois.
Tokyo Sanpo, Florent Chavouet, Edition Philippe Picquier
Quelque part entre le carnet de croquis, le guide de tourisme et le carnet de voyage, Florent Chavouet et les éditions Picquier nous livre ici un magnifique livre. L’auteur, un jeune Français, a passé 6 mois dans la capitale du Japon, à sillonner la ville à vélo. Au rythme d’environ un dessin par jour et avec beaucoup d’humour, il nous raconte sa vie quotidienne, nous fait part de ses découvertes, de ses doutes… s’amuse des différences culturelles. Mais c’est avant tout la qualité du dessin qui est frappante, bref, un outil formidable pour (re)découvrir cette ville.
New York mi amor, Tardi, Grange, Legrand, Casterman

‘New York mi amor’ est un recueil de 3 histoires courtes dessinées par Tardi, parues fin des années 70. Outre le fait qu’elles se passent à NY, leur point commun est la noirceur. Dans la plus longue, « Tueur de cafards », un exterminateur de blattes, traînant ses cauchemars dans un Manhattan fantomatique, se retrouve confronté au mystérieux 13
ème étage d’un building. Résolument plus sombre et moins grand public que ses productions précédentes, Tardi nous offre un New York nourrit de cinéma, assez loin de l’habituelle image lisse de la ville.
Aya de Yopougon Tome 4, Abouet, Oubrerie, Gallimard
C’est en partie à Paris, comme l’indique la couverture, que se déroule le tome 4 de Aya ! Innocent le coiffeur décide d’aller y tenter sa chance. Mais que les fans se rassurent, Aya et ses amies sont toujours à Abidjan, dans le quartier de Yopougon. Malgré un petit ralentissement dans le déroulement de l’histoire, on retrouve avec plaisir les intrigues et l’ambiance générale des premiers tomes. Au passage, on nous rappelle qu’à cette époque, les Ivoiriens n’avaient pas besoin de visa pour venir en France. A conseiller pour tous les âges.

Bandes dessinées

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